Céline, brancardier-secouriste en Afghanistan : « en OPEX on n’a pas le droit à l’erreur » #4
Dans cet épisode de 'Raconte-moi une OPEX', Céline, infirmière militaire, partage son parcours et son expérience marquante, notamment son déploiement en Afghanistan en 2010. Engagée à 21 ans comme brancardier secouriste au sein du régiment médical, elle a ensuite évolué vers la profession d'infirmière diplômée d'État, tout en poursuivant sa carrière au sein de l'armée, une vocation née de son désir de servir la France après son baccalauréat.
Déployée à Kaboul, Céline a pris en charge des blessés militaires et civils de différentes nationalités, qu'ils soient français, afghans ou autres. Elle raconte les défis rencontrés dans un hôpital militaire en pleine période d'attaques terroristes, ainsi que son adaptation à une culture totalement différente. Confrontée à des situations d’urgence fréquentes, Céline a pris soin de nombreuses victimes de guerre, une expérience qui l’a profondément marquée.
Céline aborde également le stress post-traumatique (SPT), dont elle a souffert plusieurs années après son retour d'Afghanistan. Ce n’est qu’en 2021, lors de la prise de Kaboul par les talibans, que ses symptômes se sont aggravés, révélant un SPT qui était resté non traité pendant des années. Son parcours illustre les difficultés que rencontrent certains militaires pour exprimer et faire reconnaître leurs souffrances psychologiques.
Avec le soutien de l'ONaC-VG et d’associations comme les Gueules Cassées, Céline a pu obtenir une reconnaissance officielle de sa blessure de guerre et un accompagnement administratif indispensable. Elle souligne l’importance de ces structures dans l’aide aux soldats blessés, notamment pour les démarches liées aux pensions d'invalidité ou à l’aide sociale. Grâce à cette reconnaissance, sa fille a également été reconnue comme Pupille de la Nation, un symbole important de la reconnaissance des sacrifices des militaires blessés.
Aujourd’hui, Céline bénéficie d’un suivi régulier pour son stress post-traumatique et pour ses démarches administratives. Elle reste engagée dans des associations de militaires, mettant en avant l'importance de la solidarité entre blessés. Cet épisode met en lumière la nécessité d’une prise en charge plus systématique des blessures psychologiques, notamment avec un renforcement des équipes psychiatriques au sein des structures de soin des armées.